A la découverte de ... NOAM LAGARDE

Neuf fois vainqueur de la coupe de France, Noam LAGARDE contribue désormais au règne de la dynastie Lagarde après son père Régis, toujours très présent autour de Noam. Dans ce portrait et cette rétrospective ces deux inséparables nous livrent leurs réponses.


  • Nouveau et neuvième succès dans cette division, bravo. Quels ont - été les moments forts de cette saison ?


Parmi les moments fort de cette saison 2017, j’en retiens 3 principaux. Le premier, la casse du triangle à Bourges dès les essais chronométrés, du coup avec un dernier temps, il allait falloir cravacher tout le week-end. Pourtant au premier départ, je pars en tonneau, je casse le train arrière et tout l’arrière de la carrosserie. Mon équipe a fait un boulot extraordinaire et j’ai pu repartir en demi-finale. Après un départ réussi j’obtiens la troisième place derrière la Clio de Nicolas GUILLON. Malheureusement, Nicolas part à la faute devant moi et je ne peux pas l’éviter. Je prends un choc à l’avant de la Berlinette, les éléments de carrosserie recouvrent une partie de mon pare brise, je n'y vois plus grand-chose. Mon capot avant finit par s’envoler et m’offre la visibilité nécessaire pour attaquer le prochain gros morceau, Lionel QUERE et sa Fiesta. Lionel est victime d’une crevaison, ce qui me permet de prendre le commandement de la finale et de l’emporter. Cela prouve encore une fois que rien n’est jamais perdu et qu’il faut continuer d’y croire. Tout cela à condition de bénéficier d’une équipe aussi efficace et solide que la mienne bien sûr.


Un des RDV important de la saison, c’est celle d’Is sur Tille, la plus proche de chez moi. C’est aussi mon club et j’y retrouve toujours de nombreux supporters. C’est un tracé unique sur lequel, j’ai pris un pied d’enfer cette année encore, offrant ainsi une nouvelle victoire à mes supporters et à mon équipe.


La saison s’est terminée à Faleyras, c’était pourtant bien mal partie avec un écrou de « trompette » (train arrière) qui s’était desserré et m’oblige à stopper net après 300 mètres. En me voyant attribué le dernier temps des essais, je comprends que cette « finale » de Faleyras allait être spectaculaire. J’ai cravaché tout le week-end devant le public de connaisseurs de Faleyras. C’est un superbe tracé ou il faut réussir à être fin pour dépasser, au fil des manches, je remonte le peloton et finit par m’élancer en pôle de la finale. Pour autant, une erreur tactique de position sur la grille de départ ne me permet pas de prendre le meilleur envol, je dois lasser Lionel QUERE s’envoler suivi par Nicolas GUILLON, sur une piste humide avec de nombreuses projections, je me contente de cette troisième place suffisante pour décrocher un neuvième titre.

 

  • Des difficultés particulières cette saison ?


Le plus dur pour moi a été de devoir me battre au milieu du peloton pour remonter les places perdues à la suite de contacts ou d’accrochage qui ne m’auront pas épargné cette année. J’ai l’habitude de partir devant mais là je me suis rendu compte que la bagarre était féroce dans le peloton et que les autres pilotes n’étaient pas là pour faire de la figuration.

 

  • La concurrence s’améliore-t-elle d’année en année ?


Bien sûr, on le voit de plus en plus souvent. On va dire que les huit premiers du championnat peuvent l’emporter. C’est pour cela qu’il ne faut pas les laisser partir devant car il est très difficile de revenir au contact et de les déborder.

 

  • Après une neuvième couronne décrochée brillamment, est-ce qu’on se lasse de gagner ?


Non je ne me lasse pas de gagner (d’ailleurs je ne gagne pas tout le temps et heureusement). C’est tellement plaisant de piloter la Berlinette et en plus je fais toujours le maximum pour mon père et toute l'équipe qui est derrière moi et qui se mobilise à chaque instant pour la Berlinette soit au top.

 

  • Pourquoi les autres ne suivent pas ton choix technique qui est diaboliquement efficace ?


Il y a tout de même quelques véhicules comme ma Berlinette qui sont motorisés par des moteurs de moto. Je dois avouer que je ne suis jamais allé voir de plus près les montages choisit par mes concurrents. Nous avons, je crois fait le meilleur choix d’implantation qui s’avère aujourd’hui très efficace et qui rend la Berlinette rapide et agile.

 

  • Ton avis sur l’avenir de cette division et de la discipline plus généralement ?


La Tourisme Cup est une très belle division, les voitures sont légères, puissantes et performantes, je pense que les meilleurs d’entre elles avoisinent les 280/ 290 CV. Une bonne 2 roues motrices sur le sec n'est pas ridicule en performance vis à vis d'une 4 roues motrices 
L'auto cross en général est une discipline où on y trouve d'excellents pilotes, les véhicules ont un excellent rapport poids puissance. Ce sont de véritables bêtes de course que ce soit en sprint car ou bien en Buggy 2 ou 4 roues motrices. Beaucoup de pilotes restent dans notre discipline pour le plaisir de piloter sur la terre ainsi que pour l'ambiance et le spectacle. Certains pilotes sont capables d’évoluer dans d'autres disciplines du sport automobile mais y restent certainement par manque de moyens ou manque de temps mais le championnat de France d'Autocross est un très très beau championnat.

 

  • Qu’est-ce qu’il faut changer ?


Nous avons de très belles pistes d'auto cross mais comme je le répète souvent aujourd'hui, il faut travailler sur le revêtement et l’entretien de la piste. En effet, le traitement des pistes fait qu’il n’y a souvent qu’une seule trajectoire. Le plaisir procuré pendant les essais disparaît rapidement pendant les manches et encore plus pendant les finales. Quand je n’étais que spectateur, je me souviens des organisateurs qui entretenaient leurs pistes et évacuaient la poudreuse avant les finales pour offrir plusieurs trajectoires et offrir plus de spectacles aux spectateurs.

 

  • Pour conclure ?


Je suis heureux et fier d’appartenir à cette grande famille et que vive encore longtemps l'Autocross !!!